Toute ma carrière, j’ai fait usage de créativité afin d’inventer des solutions inédites aux problèmes de développement ou aux problèmes reliés à l’administration de l’aide. Libéré de ces contraintes et des nécessités pratiques, ma créativité artistique peut enfin exploser et s’exprimer dans un médium qui me sied tout particulièrement et pour lequel j’ai acquis une formation technique, la sculpture. Au versant de ma vie, toutes mes expériences de vie professionnelle et personnelles ont enrichi mon monde intérieur et je peux donner libre cours à ma vision de la vie et du monde qui m’entoure. Mon œuvre exprime la diversité, la richesse et la complexité de mes expériences humaines, artistiques et de mes recherches constantes.

 J’ai la chance d’avoir bénéficié très jeune d’une formation technique solide ainsi que d’avoir été exposé à l’art sous toutes ses formes. Je suis resté imprégné du respect pour la rigueur des formes, pour la force des masses, pour la sensualité de la lumière et enfin pour l’impérialité absolue de la matière.

Je suis arrivé à l’âge où ne compte que le sens que l’on donne à la vie, que le sens que l’on adjoint aux choses créées. Je préfère faire usage des divers langages de la sculpture, qu’il soit moderne, contemporain, ou même ancien si cela me permet de dire la vérité, ma vérité, ou plutôt mes vérités. Je m’intéresse moins aux artifices du langage, à l’invention de manières-de-dire nouvelles qu’à chercher au fond de moi comment exprimer les nuances que la longue vie, remplies de surprises, de petits bonheurs et de malheurs a imprimé sur le canevas de ma mémoire.

Je parle des choses qui comptent pour moi, la vie de couple et ses paradoxes, la vie de famille, la beauté de la femme. Je vais aussi parler des grands thèmes de l’histoire moderne, la guerre, la guerre des enfants, la famine. La sculpture est émotion.

 Mes sculptures sont marquées par les caractéristiques suivantes :

  • La construction d’un monde onirique toujours en mouvement et en équilibre instable, qui s’appuie fortement sur l’image de la femme, métaphore classique de la vie. J’exprime aussi l’insondable différence entre l’homme et la femme ainsi que les  rapports de ceux-ci avec leur entourage.
  • Les sculptures gréco-romaines, souvent fragmentaires, m’ont toujours fascinées. L’idée de devoir ainsi remplir les vides laissés par l’usure du temps et d’accepter l’artificialité de formes tronquées et partielles, reposant bien souvent sur des supports métalliques, a été intégrée dans bon nombre de mes pièces.
  • L’illustration de quelques grands paradoxes en perpétuelle tension : la force contre la légèreté, la puissance de la gravité et l’affrontement pour s’en échapper, et enfin le mouvement luttant contre la pérennité.